EDITORIAL

Des Jeux mal joués    «Ce qui commence mal finit mal.» Euripide

   Durant les derniers mois, nous avons observé avec consternation le gâchis qu’est devenu la triste saga des Jeux de la Francophonie. Il faut comprendre la déception des artistes et des athlètes qui voyaient les Jeux comme une vitrine pour leur créativité ou un tremplin pour leurs talents athlétiques.

Les libéraux ont bâclé complètement ce dossier et ont tenté de mettre toute la responsabilité sur le dos de Higgs. Pourtant, ils ont eu presque deux ans, avec le comité organisateur, pour s’entendre avec le fédéral sur un budget acceptable et des Jeux à la mesure du Nouveau-Brunswick.

D’après l’ancien président du Conseil du trésor, Roger Melanson, le gouvernement libéral a rejeté un budget proposé de 45 millions $ en février 2018. Ce budget a pourtant gonflé à 130 millions $ avant les élections de l’automne sans que personne n’en glisse un mot.

Bien sûr, Higgs a lui-même, habilement d’ailleurs, fait de la gymnastique politique lorsqu’il a hérité de la patate chaude. Sans réellement chercher de compromis raisonnable et appuyé par Kris Austin, il s’est présenté comme le prudent administrateur des fonds publics. C’était pourtant évident que l’incompétence du gouvernement Gallant dans ce dossier faisait bien son affaire.

Il semble maintenant peu probable que les plus petites provinces puissent prendre en charge les coûts importants qui accompagnent les événements sportifs de cette envergure que si le gouvernement fédéral absorbe la majorité des coûts. La formule 50/50 ne tient que si on est prêt à accepter que, dorénavant, ces genres d’événements n’auront lieu que dans les plus grandes villes du Canada.

Pour éviter le pire, on aurait pu chercher une alliance des provinces maritimes et présenter une proposition des Jeux de la Francophonie de l’Acadie. On aurait pu trouver une formule modifiée en mettant davantage l’accent sur les arts et la culture. On aurait pu organiser des Jeux uniques et abordables. On aurait pu. Mais à la fin, il ne restait plus de bonne volonté entre la province et le fédéral et le match était perdu.

Bernard Richard

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