EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Quel message a voulu exprimer l’électorat du Nouveau-Brunswick?

            C’est plutôt inusité que notre province connaisse des résultats électoraux où aucune formation politique n’obtient un pouvoir majoritaire.

Le 24 septembre dernier, les progressistes-conservateurs ont réussi à faire élire 22 députés soit un de plus que les libéraux mais trois de moins qu’il en fallait pour former un gouvernement majoritaire. Du côté des libéraux qui pensaient remporter un deuxième mandat consécutif, ils ont dû se contenter d’une deuxième position avec 21 députés élus, soit quatre de moins qu’il en fallait pour gouverneur. L’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick et les Verts ont connu chacun trois victoires et les pauvres démocrates aucune.

Par contre, si on examine le pourcentage des votes obtenus par chaque parti, ce sont les libéraux qui ont eu la faveur populaire avec près de 37,8 pour cent d’appui tandis que les conservateurs n’ont obtenu que 31,9 pour cent. Quant à L’Alliance, les Verts et le Nouveau Parti démocratique, ils ont eu respectivement 12,6%, 11,9% et 5% de la faveur du peuple. Ni les bleus ni les rouges n’ont donc été appelés à diriger comme par le passé. Et la formule de la tradition britannique permet aux libéraux de se maintenir au pouvoir.

Le message des électrices et des électeurs est clair. Le peuple ne veut pas en ce moment de gouvernement majoritaire et l’a exprimé clairement. De nos jours, il y a de plus en plus de méfiance envers la classe politique et exige qu’il y ait plus d’étroite collaboration entre tous les députés peu importe leur allégeance politique. Il y a encore davantage. De la part du peuple, il faut interpréter que les élus écoutent davantage et mieux les préoccupations des contribuables.

Évidemment, n’étant pas du tout prophète, l’auteur de cet édito qui doit faire parvenir son opinion au Moniteur Acadien avant mardi, le jour même que l’on doit présenter à l’Assemblée législative le discours du trône, prévoit que les députés vont donner aux libéraux un vote de confiance pour qu’ils gouvernent la province au moins pour les deux prochaines années avec l’entente formelle qu’ils dirigent en tenant compte des éléments ici soulevés. Le vote n’aura lieu que le 2 novembre prochain.

Ces jours derniers, le chef des conservateurs a laissé clairement entendre que son parti voterait contre ce discours peu importe son contenu. Or, si ce discours représente fidèlement les préoccupations du peuple et celles des formations politiques et cela d’une manière équilibrée, monsieur Higgs et son parti se mettront à dos l’électorat car ils obligeront la sortie des libéraux et eux-mêmes pourraient connaitre le même sort, ce qui forcerait la tenue d’une nouvelle élection provinciale qui n’est nullement le message exprimé lors du 24 septembre dernier.

Alcide F. LeBlanc

Exprimez vous!

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