EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Au cours de cette campagne électorale, on a peu parlé des langues officielles

            Depuis les dernières semaines, tous les leaders politiques de notre province ont abordé une multitude de sujets tout en multipliant les promesses afin de séduire l’électorat et se mériter le plus grand nombre de sièges à l’Assemblée législative. Il est tout à fait incompressible et inadmissible qu’il ait si peu retenu l’attention des chefs politiques.

Afin de les éclairer ainsi que les lecteurs et les lectrices, voici un bref survol de l’évolution historique de notre belle province. En 1969, la Loi sur les langues officielles fut adoptée au Nouveau-Brunswick grâce au leadership visionnaire du très regretté Louis Robichaud. Rappelons que Pierre Elliott Trudeau fit ainsi en 1969 avec le Canada.

Treize années plus tard, soit en 1982, le gouvernement canadien enchâssa la Charte canadienne des droits et libertés dans la Constitution du pays en y incorporant l’article 16 dont la conséquence est de reconnaitre officiellement le bilinguisme du Nouveau-Brunswick. Onze ans tard plus tard, en 1993, la Charte est légèrement modifiée par l’article 16,1 qui garantit l’égalité des deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick. Wow!

Quant au long règne de Richard Hatfield, un francophile de grande valeur, il établit la dualité linguistique en éducation. Le premier ministre Bernard Lord fit également avancer la cause linguistique par l’adoption d’une loi qui créa le poste du Commissariat aux langues officielles, dont la responsabilité première est de voir au respect des deux langues officielles.

Pour une raison impossible à comprendre, Brian Gallant critiqua durant son mandat le rapport du commissaire aux langues officielles. Un pas très maladroit de sa part. Un autre chef, celui de l’Alliance des gens du NB, a promis de faire disparaitre le commissariat s’il prenait le pouvoir. Tout cela, pour dire que le bilinguisme au Nouveau-Brunswick est mal compris, pas suffisamment défendu alors qu’il fait le prestige et l’envie de plusieurs provinces et de pays du monde. Ici, il contribue à la paix sociale, il attire les immigrants des quatre coins de la planète tout en favorisant le commerce international avec les francophones et anglophones.

Alcide F. LeBlanc

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