EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

La pauvreté est omniprésente au Nouveau-Brunswick

            Tout récemment, la combattante et courageuse sœur Auréa Cormier nous brossait un assez triste tableau de la pauvreté dans notre coin de pays. En lisant sa réflexion, intitulée «Lettre à ceux qui méprisent les pauvres», elle a profondément conscientisé les lecteurs et les lectrices du Moniteur Acadien et des journaux du Nouveau-Brunswick.  Par ce texte bien documenté et bien réfléchi, elle nous révèle que près de 37 000 néo-brunswickois dépendent de l’aide sociale pour se nourrir, se loger, s’habiller et rencontrer les autres besoins de la vie. Grâce à sa recherche basée sur une étude auprès de 16 personnes bénéficiant de l’aide sociale, on a pu se rendre compte, en noir et blanc, de la vraie misère que vivent certains de nos citoyens et de nos citoyennes.

Selon elle, il est urgent d’améliorer le programme gouvernemental en y investissant plus de fonds publics de sorte à favoriser de meilleures conditions de vie chez ces personnes. Elle nous rappelle que leur pauvreté est souvent causée par la maladie physique, mentale ou sociale et ne relève aucunement de leur volonté ou de leur faute.

Sans doute, en raison de nombreux préjugés négatifs d’un certain nombre de nos citoyens envers les assistés sociaux, les autorités gouvernementales hésitent à investir davantage et en quelque sorte se justifient à ne pas agir.

Pour supplier à l’insuffisance, il est heureux, malgré tout, que ces pauvres puissent compter sur la bonté, le bénévolat et la générosité des gens et des magasins. Par contre, sans doute, en venant se nourrir dans les comptoirs alimentaires, ou encore ailleurs, ces gens doivent se sentir humiliés, indignés, voire critiqués. Leur dignité personnelle doit en prendre un coup dur.

Quand on voit dans les journaux les salaires versés à certains dirigeants bancaires, à des chefs d’entreprises ou à des athlètes professionnels, qui se font payer par millions de dollars à chaque année, comment font-ils pour dormir devant cette misère humaine? Si vous connaissez le secret, n’hésitez pas à le révéler à cet hebdo.

Ajoutons à cela un dernier fait. Au Canada, les 87 familles les plus riches possèdent 259 milliards de dollars, soit en moyenne trois milliards par famille. Avec ses 7, 7 milliards $, notre famille Irving se classe en 7e rang. Trop de richesses entre les mains de certains expliquerait-elle en partie la pauvreté chez les autres?

Alcide F. LeBlanc

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