EDITORIAL

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

Théberge et après…

On apprend que Raymond Théberge, le recteur actuel de l’Université de Moncton est en lice pour devenir le prochain Commissaire aux langues officielles du Canada.

Le jeudi, 30 novembre dernier, le gouvernement de notre premier ministre, Justin Trudeau, confirmait son choix de proposer le nom de Raymond Théberge en tant que le nouveau Commissaire aux langues officielles du Canada. Cependant, sa candidature doit encore être confirmée par la Chambre des communes ainsi que le Sénat canadien.

Certaines personnes dans le milieu acadien sont surprises d’apprendre cette nouvelle puisque monsieur Théberge avait accepté un deuxième mandat en tant que recteur de l’Université de Moncton. Avait-il déjà fait savoir au gouvernement fédéral qu’il était intéressé au poste de Commissaire aux langues officielles du Canada, ou est-ce-que cette nomination «est tout simplement tombée du ciel?», se demandent ces mêmes personnes…

De toute façon, au point de vue académique, il est certain que monsieur Théberge, originaire de Saint-Boniface, au Manitoba, a plusieurs degrés à ses acquis, même un doctorat!

Selon la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, «l’expérience et la compréhension des mécanismes gouvernementaux lui seront utiles en tant que chien de garde pour les communautés de langues officielles». Le terme «mécanismes gouvernementaux» en inquiète plusieurs puisqu’ils craignent que monsieur Théberge n’aurait pas le «mordant» nécessaire pour défendre adéquatement les minorités francophones, et ce, à la grandeur du pays en raison d’une fidélité envers le gouvernement fédéral actuel.

Lorsque Graham Fraser, Commissaire sortant aux langues officielles, a été nommé, «il était connu lors de sa nomination et ce n’est pas le cas de monsieur Théberge puisqu’au-delà du Nouveau-Brunswick et du Manitoba, il aura un travail de crédibilité pour mieux se faire connaître», a commenté la politicologue du Collège militaire royal du Canada, Stéphanie Chouinard.

Certaines rumeurs circulent à l’effet que l’Université de Moncton aurait recours à des «chercheurs de têtes» pour trouver la personne qui pourrait remplacer monsieur Théberge, au cas où sa nomination devienne officielle. Souhaitons que ces chercheurs trouvent la personne choisie provenant de la région acadienne. Nous avons plusieurs personnes en Acadie qui ont l’expérience, les degrés, les connaissances et les qualités nécessaires pour combler le poste de recteur ou de rectrice. Pourquoi allez chercher ailleurs? L’Université de Moncton est une université acadienne – au cas où certaines personnes en douteraient…

Jeannita Thériault

Exprimez vous!

*