EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Le Canada a besoin des travailleurs saisonniers

                Le gouvernement fédéral s’apprête à changer radicalement la façon dont sera géré le nouveau programme national d’assurance-emploi. Sur cette question, plusieurs Canadiens sont divisés sur l’approche envisagée. Là où il y a plus de possibilités d’emploi, comme dans les villes, les changements proposés reçoivent un accueil assez favorable. Par contre, là où existent surtout plusieurs emplois saisonniers, ces nouvelles règles sont loin de faire l’unanimité. A-t-on pensé à un programme national qui tienne compte des réalités régionales et économiques?

À tort ou à raison, certains analystes prétendent que notre gouvernement national vise à punir les régions qui n’ont pas voté pour lui lors des récentes élections. Comme argument, ils déclarent que ce sont surtout les circonscriptions libérales qui seront les plus durement et négativement touchées.

Quoi qu’il en soit, tout le monde est d’avis que le programme actuel encourage certains abus. Par exemple, il arrive que des travailleurs refusent de combler des postes disponibles dès qu’ils ont accumulé les heures les qualifiant pour le programme. L’effet est visible. Dans certaines loca-lités, des employeurs sont obligés de recourir à une

main-d’œuvre étrangère afin de faire fonctionner leurs industries. Qu’en sera-t-il avec les nouveaux changements? Faudrait-il discontinuer cette pratique? On ne le sait pas

encore. Venant des pays pauvres, ces travailleurs sont toujours prêts à nous dépanner et parfois ils adoptent la citoyenneté canadienne, ce qui est bénéfique, car notre population est vieillissante.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, le programme d’assurance-emploi est très profitable financièrement au gouvernement d’Ottawa. D’ailleurs, pourvu que nous le comprenions, c’est lui qui le gère. Les surplus lui permettent donc de réduire le déficit et la dette nationale. Donc, moins de chômeurs, plus de revenus pour l’État. Par ce moyen, se pourrait-il que monsieur Harper ait vu astucieusement une façon de financer les gros et coûteux avions de chasse de même que l’achat des bateaux militaires? Il fallait y penser!

Le programme annoncé comporte aussi un énorme risque. Le nombre d’assistés sociaux pourrait considérablement augmenter. Et qui absorbera le lourd fardeau financier? La province, évidemment.

Enfin, le pécheur ou les autres travailleurs ayant l’amour de leurs métiers apprécieront-ils autant travailler chez Tim Horton’s ou ailleurs? Quelle sorte de service recevront alors les clients?

Alcide F. LeBlanc

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