EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

Alcide F. LeBlanc

La CBC a enfin fait son Mea Culpa

            Dès le premier ou le deuxième épisode racontant l’histoire des 150 ans de notre pays, d’un peu partout au pays et surtout en Acadie, des voix se sont élevées pour réclamer haut et fort des excuses de CBC. Les dirigeants tentaient d’abord de se justifier, mais heureusement, ils ont compris et reconnu leurs erreurs. Par la suite, des regrets furent exprimés et acceptés.

Les critiques étaient amplement justifiées car la série n’accordait que quelques minutes aux Autochtones. Comme on le sait tous, depuis plus de 15 000 ans, ce sont les peuples des Premières nations, et non les Européens qui méritent le titre de découvreurs du Canada leur permettant ainsi d’en devenir les propriétaires et nous, les locataires.

Peu de temps après, ils sont devenus nos locataires et nous, les propriétaires! Leur contribution est donc immense et la justice envers eux n’a pas toujours été reconnue ni respectée.

En plus de cela, on a été énormément surpris lorsqu’on y annonçait que les premiers colons français se sont établis à Québec en 1608. Mettons les faits au clair. Les Acadiens sont les premiers européens à tenter de s’y établir d’abord, en 1604, sur l’île Sainte-Croix et puis, à Port-Royal, en 1605.

En plus de ces anomalies, on ne mentionne nullement la tragédie de la Déportation qu’ont connue les 12 000 Acadiens et Acadiennes entre 1755 jusqu’à la signature du Traité de Paris en 1763, traité qui mettait fin aux atroces hostilités entre l’Angleterre et la France et ici en terre acadienne.

Le titre anglais de la série s’intitule The Story of Us. On peut comprendre que les historiens anglophones ont peut-être voulu cacher ces éléments de notre histoire pour ne pas trop noircir le passé.

En plus des excuses formelles exprimées, plu-sieurs personnes en Acadie et au pays réclament qu’on ajoute à la fin de la série un tout nouvel épisode qui tiendrait compte des observations soulevées et de d’autres erreurs qui vont tout probablement apparaître en cours de route. Sans quoi, on aura toujours dans les archives une vision partielle et truquée de notre passé historique.

Alcide F. LeBlanc

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