EDITORIAL

Alcide F. LeBlanc

                                     Un trésor patrimonial à préserver

Au cours de l’année 1825, en France, on prévoyait démolir plusieurs édifices historiques de grande valeur comme celui de la cathédrale Notre-Dame de Paris.  Pour éviter de tels vandalismes, le célèbre écrivain, Victor Hugo, qui avait à l’époque vingt-trois ans, publiait dans un journal un court texte intitulé «Guerre aux démolisseurs!» Ne disait-il pas alors? «Il y a deux choses dans un édifice, son usage et sa beauté. Son usage appartient au propriétaire, sa beauté à tout le monde; c’est donc dépasser son droit que de la dé-truire.»

Et puis, six ans plus tard, en 1831, pour continuer son combat et attirer davantage l’attention du public sur la noblesse de cette cathédrale, Hugo écrivit, cette fois, un magnifique roman ayant pour titre «Notre-Dame de Paris» On devine le résultat! Cette cathédrale a été sauvée et elle est toujours et fièrement debout!

Eh bien! Avec le chef d’œuvre que vient tout juste de lancer notre célèbre écrivain, Robert Pichette, sous l’habile direction de madame Marie-Linda Lord, titulaire de la Chaire en études acadiennes de l’Université de Moncton, sans oublier l’appui d’une formidable équipe de collaborateurs, nous sommes plus convaincus que notre cathédrale est un véritable trésor de beautés inouïes. Cela suffira-t-il à nous convaincre de sauvegarder cet édifice qui honore le peuple acadien et surtout les bâtisseurs et les leaders des années trente? Nous le souhaitons ardemment.

Le Monument de la Reconnaissance qu’est notre cathédrale mérite l’appui financier de tous les citoyens comme celui des autorités municipales, provinciales et nationales. Si nous ne pouvons pas lui sauver la vie comme lieu de culte, du moins, sauvons-la comme un musée de la résilience acadienne. Ainsi, les fonds seront plus facilement accessibles.

Dorénavant, après la lecture de ce livre, les gens qui se rendront dans cette cathédrale ne la verront plus avec le même regard. Et pour cause. Elle a un passé très riche. Construite en un temps record, sous l’inspiration et le leadership de l’archevêque de l’époque, monseigneur Arthur Melanson, qui reçut l’appui indéfectible de donateurs généreux et de vaillants ouvriers, tous dotés de foi profonde et agissante, notre cathédrale possède une architecture digne des plus illustres bâtiments. Elle a été visitée par le pape Jean-Paul II, le 13 septembre 1984, fut consacrée à la Vierge Marie, notre patronne et est reconnue comme lieu historique au Nouveau-Brunswick.

Alcide F. LeBlanc

 

 

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