EDITORIAL

Jeannita Thériault

Jeannita Thériault

Ma-ha-ba – Bonjour!

C’est ainsi que l’on doit saluer les réfugiés syriens. De fait, 300 de ces réfugiés syriens vont être accueillis dans la région du Sud-est du Nouveau-Brunswick. C’est ce que l’on a appris, jeudi dernier, lors d’une soirée d’information organisée par MAGMA à l’hôtel de ville de Dieppe. Une cinquantaine de personnes s’y sont rendues.

Cependant, plusieurs questions sont en suspens, c’est-à-dire, combien de réfugiés seront accueillis dans un milieu anglophone et combien seront accueillis dans un milieu francophone y compris la langue utilisée dans les écoles que les enfants vont fréquenter.

De nombreux bénévoles devront y mettre la main à la pâte afin d’assurer une adaptation presque complète de ces réfugiés syriens dans notre région. Un autre défi sera de leur enseigner la langue de Shakespeare ainsi que celle de Molière dépendant où ils seront accueillis ainsi que de trouver un emploi aux adultes. En ce moment, nous faisons face à un engouement incroyable de la part de personnes intéressées à contribuer envers cette adaptation.

L’accompagnement psychologique est très important, surtout chez les enfants syriens. Selon la docteure Cécile Rousseau, pédopsychiatre et professeure titulaire au département de psychiatrie de l’Université McGill à Montréal «…le cerveau des enfants c’est de la pâte à modeler, c’est très malléable. On peut donc s’attendre à des enfants vulnérables, mais aussi à des micro adultes, des enfants très responsables…qui ont un grand potentiel.»

«La plupart des réfugiés syriens qui arriveront au Canada au cours de l’année 2016 portent déjà un lourd bagage: 79 pourcent d’entre eux ont perdu un proche et la moitié a déjà vécu plus de cinq traumatismes», indique la docteure Cécile Rousseau, en ajoutant qu’il «ne faut pas minimiser leur résilience ni médicaliser les enfants qui n’en ont pas besoin.»

Selon elle, il faut un accueil chaleureux, avec une sensibilité, certes, mais il faut les traiter comme des enfants ordinaires, pas en héros ni en victimes.

Jeudi soir dernier, on nous a parlé des différentes fonctions du cerveau humain pour expliquer les réactions cérébrales possibles de ces réfugiés syriens. À notre avis, il aurait été préférable qu’un spécialiste du cerveau humain nous explique, en connaissances de cause, le vrai fonctionnement du cerveau humain…

L’AMGM (MAGMA) semble faire des efforts louables pour renseigner la population du Sud-est du grand besoin d’accueillir les réfugiés syriens adéquatement. Nous aimerions ajouter que nous ne devons pas, pour autant, oublier nos sans-abris et les gens de chez-nous dans le besoin. Ma-ha-ba!

Jeannita Thériault

Exprimez vous!

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