Des nids d’hirondelles de rivage à protéger à la plage de l’Aboiteau

   Une colonie d’hirondelles de rivage, une espèce mena- cée, s’est établie à la plage de l’Aboiteau à Cap-Pelé. Vision H2O demande aux gens de ne pas s’approcher afin de protéger cette espèce très vulnérable.

Claire Lanteigne

Initiative de journalisme local − APF − Atlantique

   «D’habitude, les hirondelles de rivage vont nicher assez haut», explique Julie Cormier, directrice générale de Vision H2O. «Il y en a actuellement qui font leurs nids assez haut sur la dune, mais il y en a d’autres qui les font vraiment très proches de l’entrée principale de la plage.» Une clôture a été installée afin que les gens respectent l’espace où les hirondelles sont en train de nicher. On souhaite que les gens gardent leur distance afin de ne pas les effrayer.

   Plusieurs personnes qui fréquentent la plage admirent les hirondelles qui font leur nid. «Ça fait longtemps que je n’ai pas vu ça», souligne Stella Belliveau. «Je me rappelle que dans ma jeunesse il y en avait beaucoup à la plage.» Plusieurs se disent heureux de les savoir en sécurité.

   L’hirondelle de rivage est un petit oiseau chanteur insectivore à dos brun avec une partie inférieure et une gorge blanche. Elle a une bande foncée caractéristique sur la poitrine. On la distingue des autres hirondelles en vol par ses battements d’ailes rapides et irréguliers, ainsi que par son cri, un gazouillis bourdonnant presque constant. L’espèce est très sociale toute l’année et bien visible dans ses aires de nidification. Elle niche dans des terriers qu’elle creuse dans les talus verticaux en cours d’érosion.

   «On la trouve sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique et de l’Australie», mentionne encore Julie.«Elle se reproduit dans toutes les provinces et dans tous les territoires canadiens, sauf peut-être au Nunavut. Elle hiverne principalement en Amérique du Sud.» 

   Cette espèce largement répandue a subi un long déclin, sa population canadienne ayant chuté de 98% au cours des 40 dernières années. Les raisons de cette chute ne sont pas bien comprises, mais les effets cumulatifs de plusieurs menaces seraient probablement en cause, notamment la perte d’habitat de reproduction et d’alimentation, la destruction des nids occasionnée par l’excavation d’agrégats, les collisions avec des véhicules, l’utilisation généralisée de pesticides, qui réduit l’abondance des proies, ainsi que les effets des changements climatiques, qui peuvent  limiter la survie ou le potentiel de reproduction.

   «Il y a quatre différents types d’hirondelles, indique Julie. Nous travaillons actuellement sur une série de petites vidéos éducatives et j’espère qu’elles seront dis-ponibles bientôt avant que les hirondelles partent.»

   Des sessions d’information de groupes devaient avoir lieu au printemps, mais compte tenu de la pandémie, elles ont été offertes de façon virtuelle sur Facebook et YouTube. On trouve également de l’information sur la page Web de l’organisme.  Julie espère que les sessions éducatives pourront reprendre à l’automne.

   Julie est actuellement la seule employée de Vision H2O; elle est appuyée de deux étudiants assistants de terrain pour l’été. Plus tard à l’automne, elle aura l’aide d’un technicien. Titulaire d’un diplôme en environnement et en biologie, elle travaille avec le groupe depuis 2011. «J’aime beaucoup mon travail, dit Julie.  «L’éducation et la sensibilisation environnementale auprès des jeunes dans la communauté me tiennent beaucoup à cœur.»  Elle ajoute que les jeunes veulent apprendre et qu’on doit leur faire apprécier de vivre avec la nature.

   Vision H2O est le groupe du Bassin versant du Village de Cap-Pelé et de la Communauté Rurale Beaubassin-est depuis 2003.  Il a le même mandat que le Bassin versant de la baie de Shé- diac et d’ÉcoVision 2025.  Il compte divers projets environnementaux dans le but de maintenir un écosystème sain afin de conserver une eau de qualité en quantité suffisante pour la sauvegarde de la vie aquatique et les besoins des collectivités humaines. La surveillance de la qualité de l’eau des rivières, l’inventaire d’habitats et d’espèces aquatiques, le développement d’un parc écologique au Centre communautaire de Cormier-Village (Éco-Parc), l’éducation environnementale ainsi que la restauration de dunes côtières à l’aide de la technique de sapin de Noël sont parmi les projets les plus récemment entrepris par le groupe.

   Vision H2O est un organisme de bienfaisance enregistré et ses projets sont subventionnés par divers programmes comme le Fonds en fiducie pour l’Environnement du Nouveau-Brunswick et le Fonds de fiducie de la Faune du Nouveau-Brunswick.

   Il est dirigé par un conseil d’administration composé de : Mike Chadwick, président; Carole LeBlanc, vice-présidente, conseillère municipale à Cap-Pelé; Floyd Lavallée, citoyen de Cap-Pelé; Phil Robichaud, représentant de la Commission de services régionaux du Sud-Est; Michel Gaudet et Josée Vautour, conseiller/ère de la Communauté rurale Beaubassin-est et Louise Richard-Hartley, citoyenne de Grand-Barachois.

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