Cossé qu’a radote Delphine…

Delphine B.B. Bosse

J’ne sais pas trop «about» vous z’autres… Bin moi, j’crois vraiment dans lés fantômes! Pas dans ceusses-là qui flappant dans l’vent, à r’sembler dés drâps d’lits blancs. Ej parle dés mozus d’apparitions là-là de parsounnes mortes qui hantent surtout lés gorniers sombres d’anciennes maisons à draguer bruyamment de lourdes chaînes à «scratché» la surface d’un plancher en bois franc.

Moi, la dérangeante revenante qu’habite l’étage supérieur d’mon condo, s’noumme Matante Estelle (qué apparemment d’la parenté sus l’bôrd à la mére d’ma «funny landlady»). À chaque souaire, proche de mênuit; en travers du «ceiling» d’ma chambre à coucher, au d’sus d’mon lit… Ouaye! Ça coummence avec t’un râle sinistre très bas, qu’augmente p’tit par p’tit de tcheques octaves aigues; ensuite invitant lés pattes de la vieille chaise à berceuse là-haut à voulouaire s’mettre à grincer à la mélodie à faire courir dés frissons d’peur sus le long dés bras…

À t’utes lés fois que j’m’ai dépêché à perdre souffle, vers le haut dés marches du gornier, pour asseyer «d’investigaté» cossé qui pouvait possiblement s’brâsser??? Ouaye! «As always»… La chaise «rockait back-and-forth»; «spooky enough», sans parsounne d’assise dans l’fessier du meuble… Yinc t’une fois, ej pense d’m’aouaire imaginé, pour tcheques méli-secondes, la silhouette transparente d’une femme de lueur bleuâtre; mais qu’a disparu, t’en flottant aussi vite (POUFFE) en travers du plafond d’plâtre.

J’ai bin y’eu beau d’prononcer doucement son nom: <<Matante Estelle! Aaaah, Matante Estelle!>> Ouaye! Afin d’l’encourager d’n’aouaire pas peur à voulouaire m’apparaître… Mais parce qu’la mozus de verrat refuse carrément d’interagir avec moi. J’ai bin beau d’en parler aux autres, jusqu’à ce qu’j’en perd souffle… Mais «hey», n’ayant pas la preuve concrète de son existence; pis ni d’enregistrement du vacarme qu’à mène… La majorité dés non-croyants ne sont pas z’à blâmer, s’ils me considèrent coumme étant la plus grande menteuse du bloc.

L’histouaire va, qu’la soirée (qué environ t’une quarantaine d’ânnées pâssées) que Djeu l’Pére a v’nu, sans avertissement, charcher Matante Estelle… La v’là qu’à s’borçait <<la-la-la-la-la>> dans sa chaise à attendre à s’inquiéter pour le «safe return» de son vieux matou poiloux-mataché orange pis blanc, noummé Pouffie. Pis parce qu’le vilain félin n’a jamais arrivé à temps à s’faire flatter le poils épais entre lés deux oreilles ou d’être capable de souhaiter sés darniers adieux à sa maîtresse. L’âme chagrinée de la pauvre esclâve de femme s’a décidé de rester «put» sur terre; «stubborn», qu’à ne «steppera» pas «in» vers le dedans de la Lumière du Paradis, jusqu’à ce qu’son Pouffie d’fou y retourne… Hélas! Parce que ça n’arrivera jamais, elle est condamnée asteure pour l’Étarnité à tyranniser le gornier d’mon condo.

Pis parce que j’ne counne pas de «Professional Ghostbusters», dans la région d’Shédiac. Mon choix s’ra soit que j’va être «stuck» à vivre dans mon «rented condo» à endurer lés lamentations nocturnes à Matante Estelle ou («Hmmmm») que j’serai obligée de dounné ma «quick notice» afin d’âller déménager ailleurs. Si ej «move», j’l’amènerais p’t’être bin avec moi??? Mais parce qu’hounnêment qu’la chaise à berceuse appartcheint légalement à la «landlady» – – (ya) ça demeure, en réalité, son problème!

Delphine B. B. Bosse

Countré Star Extraordinaire

 

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