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La violence conjugale chez les relations de même sexe

   Si vous étiez à leur poser la question, la plupart des gens vous répondraient que la violence conjugale est lorsqu’un homme frappe une femme. Cette définition, bien qu’elle ne soit pas fausse, est très limitée. D’une part, la violence physique n’est qu’une de plusieurs formes de violence, et d’autre part, elle implique que la violence conjugale ne se produit que par un homme envers une femme chez les couples hétérosexuels. Pourtant, ce n’est pas du tout la réalité. Les personnes LGBTQ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres et queer) peuvent également vivre la violence conjugale dans leurs relations.

La violence conjugale n’épargne aucune personne, peu importe leur sexe, leur genre, leur orientation sexuelle ou leur identité. En effet, la violence conjugale n’est pas uniquement une question d’inégalité entre les sexes masculin et féminin, mais plus spécifiquement une situation de domination dans laquelle une personne exige un pouvoir et maintien un contrôle sur une autre personne. Qu’elle se produisent entre hommes, femmes, personnes transgenres, ou peu importe la combinaison, la violence conjugale, c’est la violence conjugale.

Les personnes LGBTQ vivent la violence conjugale de manière similaire aux personnes hétérosexuels. Elles signalent les mêmes formes de violences (physique, psychologique, sexuelle, verbale, financière et culturelle) et soulignent la présence d’un cycle de la violence qui s’intensifie avec chaque répétition. Cependant, les personnes en relations de même sexe vivent une réalité qui leur est propre.

Facteurs de vulnérabilité

Les personnes LGBTQ peuvent vivre l’isolement social, souvent ayant dû quitter leur famille, leurs amis et leur communauté d’origine par fait de ne pas être acceptées. Hors de leur cercle d’amis, qu’elles partagent souvent avec leur partenaire abusif, elles n’ont parfois pas de système de soutien. Cette marginalisation est souvent vécue plus intensément si la personne doit cacher son   orientation sexuelle.

L’homophobie existe désormais toujours dans notre société et ses institutions, même chez les intervenants qui aident aux personnes en besoin (travailleurs sociaux, médecins, psychologues, polices, enseignants, etc.) De plus, déclarer la violence conjugale nécessite dévoi-ler son orientation sexuelle à quelqu’un qui pourrait possiblement avoir ces préjugés, qui souvent minimisent la relation abusive.

Certaines personnes LGBTQ ne se sentent pas en sécurité de dévoiler leur orientation sexuelle. L’abuseur peut utiliser cette peur pour contrôler la personne abusée en menaçant de publiquement dévoiler son orientation ou son identité sexuelle sans son consentement. Dans des milieux où l’homophobie et la transphobie sont très présentes, l’outing involontaire peut poser un risque de danger à la personne.

Le manque de ressources peut également être problématique. Déjà qu’il n’existe que peu de ressources pour répondre aux besoins de personnes hétérosexuelles qui vivent ou ont vécu la violence conjugale, il existe encore moins de ressources spécialisées pour les personnes LGBTQ. Il se peut que les personnes en relation de même sexe aient l’impression qu’elles ne qualifient pas pour ou ne méritent pas de recevoir ces services.

Que pouvons-nous faire?

Si quelqu’un vous confie qu’il ou elle vit de la violence conjugale, peu importe leur orientation sexuelle, l’important est de l’écouter et le croire. Trop souvent, nous cherchons à minimiser les situations de violence conjugale et blâmer les victimes.

Novembre est le mois de la prévention de la violence. Le Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour planifie des activités de prévention, d’éducation et de sensibilisation sur ce sujet. Pour plus d’information sur la violence familiale, vous pouvez nous contacter au 533-9100.

(Sources : Le réseau canadien pour la santé des femmes – La violence conjugale dans la communauté LGBT)

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